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La politique des start-up : un modèle méritocratique en trompe l’œil

19 Sep 2019

 

 

 

Alors que le Président de la République vient d’annoncer un plan de financement des start-up, L’Hétairie publie une note de Marion Flécher, doctorante en sociologie. Erigée en projet de société qui charrie des promesses de libération et d’inventivité, d’épanouissement et de réussite économique sociale, la création de start-up ne semble cependant pas générer les résultats escomptés. L’autrice met donc en question la priorité accordée à ce mode d’entrepreneuriat.

 

En effet, elle souligne que les start-up françaises se placent encore loin derrière leurs voisins européens, ne proposant que rarement des innovations de rupture. Bien plus, elles ne permettent qu’artificiellement de lutter contre le chômage, offrant un bassin d’emploi restreint et bien souvent peuplé d’emplois précaires. Elles reposent au contraire sur la mise au chômage de leurs fondateurs et une abondance de subventions publiques.

 

En outre, ce modèle repose sur une illusion méritocratique au service d’une véritable reproduction sociale. L’autrice brosse ainsi le portrait du start-uper : un homme (71%), âgé entre 20 et 30 ans, sans contraintes familiales, issu de grandes écoles de commerce ou d’ingénieur (80% ont un niveau de diplôme supérieur ou équivalent à Bac + 5, 35% sont diplômés d’école de commerce, 21% d’école d’ingénieur), issu de milieux sociaux aisés (20% ont un père indépendant, 53% un père cadre, tandis que seulement 6% un père ouvrier), et pouvant compter sur l’aide financière et sur le réseau de leur entourage, souvent proche du milieu entrepreneurial.

 

Loin de représenter une solution économique, la promotion des start-up représente en réalité un projet politique dont il convient de saisir l’essence et la portée.

 

 

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