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Et si le vrai luxe c’était l’espace… militaire

 

 

 

A la veille du 14 juillet, L’Hétairie souhaite s’intéresser à un domaine peu exploré : le spatial militaire. En effet, aucune opération militaire ne peut être planifiée ou conduite sans avoir recours à des capacités spatiales. Les satellites sont devenus indispensables pour se projeter, connaître son théâtre d’opération, recueillir du renseignement, surveiller et naviguer. Les satellites de télécommunications permettent de connecter l’ensemble des acteurs militaires évoluant sur un même théâtre d’opération quand les satellites de navigation permettent à chacun de se positionner et de se synchroniser avec précision dans la manœuvre d’ensemble.

 

La Loi de Programmation Militaire 2019-2025, adoptée l’été dernier, souligne que « la capacité à détecter et attribuer un éventuel acte suspect, inamical ou agressif dans l’espace constitue […] une condition essentielle de notre protection ». Mais elle a consacré 3,7 milliards d’euros pour le seul renouvellement de nos capacités spatiales, sans en ajouter de nouvelles.

 

Pourtant, le 13 juillet 2018, le Président de la République réaffirmait la position de la France en rappelant que l’espace, « par les incroyables potentialités qu’il offre mais également par la conflictualité qu’il suscite », constitue « un véritable enjeu de sécurité nationale ». Lors de ce discours il a alors demandé que soit rédigée « une stratégie spatiale de défense » qui « aura vocation aussi à être déclinée, sur tous les aspects pertinents, sur le plan européen ».

 

En outre, les récentes évolutions dans le secteur spatial, avec notamment l’arrivée d’acteurs non étatiques (accompagnée d’un bond de +25% de la part de la dépense privée dans le secteur spatial au cours des dix dernières années), ainsi que les déclarations de nos alliés sur le changement même de nature du domaine spatial,  incitent à questionner : notre armée est-elle aujourd’hui en phase avec les évolutions technologiques, industrielles et stratégiques observées et quelle sera la hauteur des investissements consentis pour répondre aux attentes du Président de la République ? En un mot, notre pays se donne-t-il les moyens de ses ambitions ?

 

Delphine GILLAIZEAU-DAVID (Vice-présidente Relations Institutionnelles 3i3s), Jean-Daniel TESTE (Général de brigade aérienne (2S), PDG de L'Observation de la Terre Appliquée, ancien Commandant Interarmées de l'Espace) et Alexandre PAPAEMMANUEL (Chef du pôle défense nationale de L’Hétairie, enseignant à Sciences Po) répondent dans le détail à ces questions. Les auteurs estiment que les réponses apportées par l’Etat sont insuffisantes et que la gouvernance demeure perfectible. Ils formulent 14 préconisations :

 

Préconisation n°1 : Accroître les crédits de R&D consacrés au spatial militaire et soutenir une pensée prospective française au service des conflits spatiaux à venir, tout en s’émancipant des contraintes juridiques actuelles ;

Préconisation n°2 : Investir pour renforcer la sécurité du satellite (TC, durcissement), assurer un antibrouillage performant et des traitements à bord afin d’optimiser l’utilisation des bandes de fréquence tout en renforçant la protection des transmetteurs au sol ;

Préconisation n°3 : Créer un institut national de la donnée spatiale, véritable guichet unique et interministériel des données qui permettra d’unifier les chaînes de traitement des données ROIM et ROEM ; 

Préconisation n°4 : Accroître la précision de la carte des objets spatiaux, à l’instar de ce que réalisent les Etats-Unis ;

Préconisation n°5 : Moderniser les systèmes GRAVES et SATAM ainsi que des systèmes de veille en orbite basse, conformément au programme lancé par la DGA ; améliorer le système d’informations spatiales (SIS) ;

Préconisation n°6 : Financer les travaux de conception de la prochaine génération de systèmes de surveillance de l’espace ;

Préconisation n°7 : Se doter rapidement d’une capacité d’observation de l’espace au profit de capacités de renseignement spatial plus abouties, de détection et d’alerte en cas d’attaque balistique afin de compléter notre dispositif de dissuasion nucléaire ;

Préconisation n°8 : Recourir à l’intelligence artificielle pour l’analyse de données massives afin d’identifier ces manœuvres discrètes, offensives ou sortant du pattern of life initialement caractérisé ;

Préconisation n°9 : Associer l’ensemble des services de renseignement pour participer à la caractérisation complète des satellites ;

Préconisation n°10 : Créer un Commandement des Opérations Spatiales, organisme à Vocation Interarmées (OVIA), destiné à fédérer l’ensemble des capacités militaires sous commandement unique ;

Préconisation n°11 : Etablir une Doctrine, une Organisation, des Ressources humaines, des Équipements, du Soutien, Entraînement (DORESE). Il convient donc de mettre en place une formation spatiale militaire, sanctionnant une expérience dans ce domaine au sein des Armées ;

Préconisation n°12 : Doter le Commandement militaire spatial de moyens souverains et de processus organisationnels et techniques qui utilisent des ressources humaines, matérielles et informatiques ;

Préconisation n°13 : Créer un centre militaire spatial pour rapprocher physiquement le CNES du Commandement des Opérations Spatiales ;

Préconisation n°14 : Transformer le COSPACE en un conseil national de l’Espace, sur le modèle du secrétariat général de la Mer ou du National Space Council aux Etats-Unis.

 

 

 

 

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