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Anachronique ou Sage ? Débats autour de la Constitution de 1958 à l’occasion de son soixantième anniversaire

A l’occasion du soixantième anniversaire de la Constitution du 4 octobre 1958, L’Hétairie ouvre ses colonnes à Paul Alliès, Président de la Convention pour la 6e République, Professeur émérite de science politique à l’Université de Montpellier, et à Jean-Philippe Derosier, Professeur agrégé de droit public (Université de Lille) et chef du pôle institutions de L’Hétairie.

En introduction, Floran Vadillo signale que les changements de régime ou les révisions constitutionnelles achoppent sur une culture politique problématique. En effet, notre système politique ne s’épanouit pleinement que dans le charisme du chef de l’Etat qu’il abîme dans la quotidienneté de l’action politique. De fait, aucun acteur n’est parvenu à croître aux côtés du chef de l’Etat ou contre lui. Pour Floran Vadillo, renoncer à l’illusion d’un seul, promouvoir la délibération et la contrainte des pouvoirs requièrent une nouvelle éducation politique plus qu’une nouvelle Constitution.

Paul Alliès brocarde quant à lui ce qu’il qualifie de République anachronique, seul régime en Europe et au-delà à pratiquer un tel présidentialisme : au lieu d’être un motif de fierté, ce caractère devrait nous conduire à réfléchir sur la responsabilité de ce régime dans la sécession civique qui ronge, plus qu’ailleurs, le pays. À ce titre, l’irrésistible dynamique du présidentialisme pose un problème insoluble : pour l’auteur, l’efficacité de ce pouvoir est d’autant plus limitée que son irresponsabilité est illimitée. P. Alliès en appelle à la collaboration équilibrée des pouvoirs. Ce serait l’avènement d’une VIème République dotée d’institutions obéissant à un régime de responsabilité réciproque, donc un régime de type primo-ministériel.

Enfin, Jean-Philippe Derosier loue pour sa part une Ve République qu’il qualifie de « sage » : pour lui, la Constitution de la Ve République a gagné en maturité, en démocratie et en modernité. Le Gouvernement connaît la stabilité dont il a besoin pour gouverner, c’est-à-dire diriger. Et l’auteur de s’interroger : quoi de plus démocratique que le suffrage universel direct ? Quoi de plus parlementaire que la confirmation de ce suffrage lors des élections législatives ? Pour J.Ph. Derosier, Cette Constitution sait répondre aux attentes des électeurs, n’en déplaise à ceux qui la contestent.

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