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L’agent de sécurité privée : nouveau prolétaire de la sécurité intérieure

11 Sep 2018

Ce mardi 11 septembre, les parlementaires Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue vont remettre au Premier ministre leur rapport sur le continuum de sécurité intérieure.

 

Confiée par Gérard Collomb aux deux élus lors de l’ouverture des assises de la sécurité privée à Paris, le 5 février dernier, cette mission devait aboutir au mois de juillet. L’ampleur du sujet aura sans doute eu raison de ce calendrier.

 

Car la sécurité privée constitue aujourd’hui un indispensable adjuvant aux forces de sécurité intérieure. Depuis les attentats de 2015, elle est devenue une force d’appui dans des proportions telles que plus une manifestation publique à caractère culturel, sportif ou festif ne peut se tenir sans la mobilisation de ses agents. La question de son articulation avec Police et Gendarmerie s’avère donc cardinale.

 

Or, en sus d’une invisibilité politique et médiatique, les agents de sécurité privée sont les nouveaux prolétaires d’une sécurité intérieure de plus en plus divisée en classes. Guillaume Farde, auteur de la présente tribune et enseignant à Sciences Po, rappelle les caractéristiques socio-économiques propres à ces 167800 salariés, pour la plupart en CDD.

 

De fait, au-delà de la moralisation et de la professionnalisation du secteur si souvent évoquées (et donc du renforcement du CNAPS), l’auteur plaide pour une prise en compte de la question sociale par l’Etat.

 

Une prise en compte d’autant plus urgente que, l’Etat et les collectivités territoriales, principaux clients de ces forces supplétives, ont imposé une dramatique guerre des prix qui a contribué à prolétariser ces agents.

 

A rebours des habituelles postures libérales et opportunistes qui plaident pour la substitution, il est temps de réguler un secteur si présent dans notre quotidien et d’offrir des perspectives aux agents qui contribuent à notre protection.

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