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Dépasser les préventions du secteur financier à l’égard d’un « dirty » business ? Le nécessaire soutien à l’industrie de défense

 

 

L’industrie française de défense pâtit d’une mauvaise image auprès du public à un moment de son histoire où elle bat des records de ventes à l’export, succès commerciaux qui permettent à certains de prédire qu’elle représentera bientôt autant d’emplois directs que le secteur automobile.

 

Néanmoins, aucun contrat de défense important ne saurait se nouer sans l’appui des établissements financiers. Or, ces derniers sont trop souvent défaillants, évitant d’intervenir dans ce qu’ils appellent des « commerces du vice » (ou « vice businesses »).

C’est ici que l’Etat doit intervenir afin de soutenir l’indépendance de nos acteurs économiques et leurs ambitions à l’export.

 

En effet, certaines banques se désengagent complètement du secteur de la défense du fait de la faible part des transactions liées aux armements sur le marché mondial (2-5%) et de l’inadéquation entre les risques encourus et les gains potentiels pouvant en découler (contrôles étatiques des exportations, responsabilités des banques quant aux transactions financières qu’elles autorisent, due diligence, RSE, etc.).

 

Aux considérations financières habituelles, les banques adjoignent donc des critères « éthiques » pour arrêter leur décision. Et à la lourdeur et au caractère aléatoire de ces critères s’ajoute une absence d’uniformité puisque chaque banque dispose d’une vision des risques en interne.

 

Les conséquences économiques sont lourdes : cette dynamique globale de retrait des opérateurs financiers domestiques concernant les entreprises de défense comporte le risque d’un rachat de ces dernières par des investisseurs étrangers.

 

Complexité à l’export, restrictions posées au-delà des cadres juridiques nationaux et internationaux voire désengagement financier de la filière industrielle, les industries de l’armement subissent de très nombreuses contraintes au regard du déficit d’image de leur secteur, contraintes souvent dirimantes. Il s’agit pourtant d’entreprises pourvoyeuses d’emplois et d’autonomie stratégique.

 

Les pouvoirs publics devraient assurer le financement de projets français risqués et cela, afin d’affirmer la souveraineté des exportations nationales dans leur composante financière. Quatre actions complémentaires sont donc envisageables :

  • [Proposition n°1] L’Etat doit rassurer les opérateurs financiers au moyen d’une garantie publique dans le cadre de transactions impliquant des produits de défense. Un label ISO pourrait même être décerné en ce domaine.

  • [Proposition n°2] Ce dispositif pourrait être couplé à un système d’audit régulier organisé par une agence de régulation (de type AFNOR) qu’il conviendrait de créer à cette occasion.

  • [Proposition n°3] Afin de mieux concilier analyse interne des banques et délivrance de licences par l’Etat, les banques pourraient rendre plus transparent leur système de due diligence.

  • [Proposition n°4] L’Etat doit accroître son aide au financement des exportations, notamment à l’attention des PME de défense.

 

Le pilotage par les Etats de l’évaluation de la dangerosité des exportations est une question économique mais aussi d’autonomie stratégique et donc de souveraineté, quelle que soit l’opinion portée sur le secteur.

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