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L’idéologie ultra-libérale du « travail du sexe » à l’épreuve des faits

12 Apr 2018

 

 

 

 

Le 13 avril 2016, était promulguée la loi visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées, après un long parcours législatif débuté en 2013 pour cette proposition de loi.

 

Initiée en décembre 2011 par les député.e.s Danielle Bousquet (Parti Socialiste) et Guy Geoffroy (Les Républicains), confiée mi-2012 à l’initiative parlementaire par la nouvelle ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, puis portée pendant près de quatre ans conjointement par la présidente de la Délégation aux droits des femmes, Catherine Coutelle, et la députée de l’Essonne, Maud Olivier, la loi de 2016 a permis de :

       *réaffirmer et donner un cadre formel renouvelé à l’engagement abolitionniste de la France, qui avait ratifié en 1960 la convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui des Nations unies de 1949 ;

       *supprimer le délit de racolage passif - véritable double-peine pour les personnes prostituées - institué en 2003 par Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur ;

       *ériger les quatre piliers d’un dispositif légal renouvelé, plus équilibré et favorable aux victimes : 1) prévention et éducation, 2) renforcement de la lutte contre le proxénétisme, 3) responsabilisation du client, 4) parcours de sortie de prostitution.

 

A l’occasion du deuxième anniversaire de la promulgation de la loi, L’Hétairie a souhaité donner la parole aux associations qui œuvrent sur le terrain et à travers le monde, afin de dresser un bilan des politiques abolitionnistes à l’échelle française, européenne et internationale.

 

Dans cette perspective, Stéphanie Caradec, directrice en France du Mouvement du Nid, signe une note afin de réaliser un point sur le chemin parcouru et de mettre en lumière les marges d’amélioration du dispositif adopté en 2016.

 

Grégoire Théry, directeur de CAP International (Coalition pour l’Abolition de la Prostitution), apporte quant à lui un éclairage au-delà des frontières françaises dans une note intitulée "L’idéologie ultra-libérale du « travail du sexe à l’épreuve des faits et des réalités européennes ou internationales".

 

L'une et l'autre rappellent notamment les réalités-clés connues par la France depuis les années 1990 et qui permettent de comprendre les motifs ayant conduit à une loi pragmatique et cohérente:

     *la corrélation puissante entre exploitation des plus vulnérables et exploitation sexuelle par la prostitution ;

       *la très haute prévalence des personnes prostituées parmi les victimes de la traite des êtres humains en général et des immigrations subies en particulier (au moins 85% d’entre elles sont étrangères, et très majoritairement prises dans des réseaux d’exploitation) ;

        *la permanence d’une domination masculine (90% de femmes prostituées, 99% de clients hommes).

 

Enfin, dans une troisième note, L’Hétairie, a souhaité, sans intention de rouvrir un débat clos il y a deux ans, donner la parole à l’une des figures de proue de l’opposition de gauche à une partie du texte législatif : Sergio Coronado, ancien député (Europe Ecologie Les Verts) et ancien secrétaire de la Commission spéciale en charge de la proposition de loi. Il a accepté de reprendre la plume pour apporter un contrepoint idéologique à la vision portée par la loi d'avril 2016.

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