RSS Feed
  • Twitter Social Icon

Designed by

Sincérisation du budget ou sanctuarisation des OPEX : précis d’alchimie gouvernementale pour transformer l’or en plomb !

13 Dec 2018

 

 

 

 

 

L’effort budgétaire récemment consenti par la Loi de programmation militaire 2019-2025, promulguée le 13 juillet 2018 au profit du ministère des Armées, reste – in abstracto - sans comparaison même si beaucoup l’estimaient indispensable. A ce titre, l’article 3 de la LPM précise que la masse budgétaire va croître pour passer de 35,9 à 44 milliards d'euros à l’heure où rares sont les ministères qui échappent à la rigueur budgétaire.

 

Mais dans les faits, la LPM se placera plus à hauteur d’équipement qu’à hauteur d’homme, comme aimait pourtant à l’annoncer la ministre. Car la régénération et le renouvellement des équipements absorbent 60% de la hausse des investissements consentie quand 10% sont consacrés à rendre plus humain son horizon. De surcroît, on peut s’interroger sur le réalisme et la sincérité de l’augmentation annoncée de 2,5 milliards par an pour atteindre la barre des 50 milliards entre 2023 et 2025 dans la mesure où l’effort incombera au Gouvernement issu des élections de 2022 en fonction de « la situation macroéconomique à la date de l’actualisation ainsi que l’objectif de porter l’effort national de défense à 2 % du produit intérieur brut en 2025 ». Il est donc aisé de formuler des promesses que d’autres devront peut-être invalider puisque la LPM ne prévoit aucun financement concret pour les années 2024 et 2025. Enfin, quelques subtilités permettent de relativiser cette hausse budgétaire.

 

En dépit de ces éléments de précarité, on aurait pu sans peine estimer que l’élan avait été lancé s’il ne venait déjà d’être ébranlé par un psychodrame « budgétaire » agitant le microcosme de la Défense. En effet, le Gouvernement a procédé à des annulations de crédits au sein de la mission « Défense » (404,2 millions d’euros de crédits dans le budget des Armées pour financer les opérations extérieures (OPEX) et les missions intérieures (MISSINT) au-delà des 650 millions initialement prévus), s’éloignant du cadre fixé par la LPM, à savoir le financement interministériel des surcoûts des opérations extérieures et des missions intérieures. Il s’agit pour lui de « sincériser » son budget.

 

Cette sincérisation progressive jette une ombre sur un budget pourtant en augmentation et laisse ainsi à chacun le soin de lire dans les étoiles ce que sera le budget chaque année. Dès lors le financement des OPEX devient le symptôme d’un budget des Armées qui se jouera chaque année au « Casino ». .

Please reload