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Les singularités de la scène politique portugaise

Alors que dimanche 6 octobre, les Portugais se rendent aux urnes pour renouveler les 230 députés du Parlement, l’Hétairie vous propose à travers 2 notes de revenir sur ce qui fonde les spécificités de la scène politique portugaise :

 

Yves Léonard, docteur en Histoire (Sciences Po), analyse la faiblesse des formations d’extrême-droite dans le pays alors qu’une large partie de l’Union européenne subit aujourd’hui la montée des populismes. Une singularité liée d’abord au contexte du rétablissement de la démocratie après des années de dictature. La révolution des Œillets de 1974 ouvre la voie à une transition pacifique vers une démocratie basée non sur une négociation (comme en Espagne ou au Brésil), mais sur une rupture entre le passé de la dictature et le présent de la démocratie. Elle imprègne dès lors la mémoire collective et fonde la démocratie portugaise sur le rejet de toute « idéologie fasciste ». Aujourd’hui, le clivage gauche/droite continue de structurer durablement le système politique portugais malgré une abstention de plus en plus forte (70% lors des dernières élections européennes). Enfin, l’absence de choc migratoire prive les partis d’extrême-droite de leur principal carburant idéologique.

 

 

Cécile Gonçalves, docteur en Etudes politiques (EHESS), revient sur les particularités de la coalition des partis de gauche – dite « geringonça » – au pouvoir depuis 2015. Ni fusion des gauches, ni « gauche plurielle », l’expérience portugaise est celle d’une négociation constante des mesures à voter, qui n’ignore pas les rapports de forces entre alliés. Dès l’entrée en fonction du gouvernement d’Antonio Costa, beaucoup avaient prédit un échec fulgurant de ce « bric-à-brac » non seulement en raison de son caractère hétérodoxe, mais aussi des mesures trop dispendieuses qu’il allait mettre en œuvre. Or, force est de constater qu’en 2019, au terme de son mandat, la « geringonça » a tenu tandis que le Portugal se trouve dans un meilleur état que ne l’avait laissé la droite du « Portugal à Frente » (« Portugal en Avant »).

 

 

 

 

 

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