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Ministère des Armées: un budget sans défense

7 Nov 2017

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En raison de l’intensité de la menace et des engagements militaires décidés, le ministère de la Défense a été fortement sollicité ces cinq dernières années. Or, l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron semble ouvrir une nouvelle ère à l’hôtel de Brienne.

 

Dans ce deuxième livret publié à la veille des commémorations du 11 novembre, Alexandre Papaemmanuel (chef du pôle Défense nationale de L’Hétairie) se penche sur les perspectives budgétaires, organisationnelles et opérationnelles du ministère des Armées. Il revient en premier lieu sur la démission du Général de Villiers, symptomatique des nombreuses bévues commises par le nouvel exécutif dans le domaine militaire.

 

Cette démission ne se résume pas à une simple péripétie : elle a créé et entretient un profond malaise au sein des échelons dirigeants des armées. Dans ce contexte, l’ambition présidentielle des 2% du PIB consacrés aux dépenses militaires induit paradoxalement un effet délétère : le nouveau CEMA doit imposer à un encadrement rétif des arbitrages auxquels il n’a pas pris part. Selon l’auteur, il aurait été plus pertinent de penser les capacités du ministère au service de notre autonomie stratégique, puis d’estimer le budget nécessaire pour les mettre en œuvre.

 

D’ailleurs, en dehors de cette ambition budgétaire – qui n’est au demeurant nourrie par aucune orientation claire – et de l’annonce de campagne de la création d’un service national obligatoire dont les contours et le financement restent encore à définir, aucun horizon n’est clairement fixé en matière de défense nationale. Il ne reste pour seul programme que les chiffres.

 

Ainsi, après cinq années au cours desquelles l’ambition politique portée par François Hollande et Jean-Yves Le Drian avait permis d’acter des orientations budgétaires au profit de la capacité militaire du pays, la nouvelle majorité a choisi de faire contribuer le ministère des Armées à hauteur de 20% des économies globales de l’Etat, afin de tenir l’engagement de ramener le déficit public sous le seuil de 3% du PIB en fin d‘année. Or, ces 850 millions d’économies ressemblent à une punition pour « mauvaise gestion », la somme coïncidant au delta entre le prévisionnel et le dépensé en matière d’opérations extérieures (OPEX).

 

A. Papaemmanuel note enfin que cette rigueur budgétaire ne sera pas sans conséquence, tant sur l’exposition de nos soldats, notamment en matière de renouvellement de leurs matériels, que sur notre autonomie stratégique. Sur ce point, les 850 millions d’Euros manqueront assurément à la guerre de demain.

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