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Il est encore temps de sauver le Spitzenkandidat, symbole de la démocratie parlementaire européenne

16 Jul 2019

 

 

 

 

Si l’Europe est souvent accusée d’un défaut de caractère démocratique, on s’aperçoit que les chefs des exécutifs nationaux s’accommodent fort bien de la situation. En effet, l’aisance avec laquelle ils se sont affranchis du principe du Spitzenkandidat en témoigne.

 

Alexandre Riou, chef du pôle Europe et affaires étrangères de L’Hétairie rappelle que cette nouveauté démocratique fut introduite en 2014 ; elle suppose que les grandes familles politiques de l’Union européenne désignent par anticipation celui ou celle chargé d’incarner et de mener la campagne à l’échelle de l’Union ; si sa formation politique obtient la majorité à l’issue du scrutin, le candidat désigné occupera les fonctions de Président de la Commission européenne. Il s’agit d’un mécanisme fondamental d’une démocratie parlementaire.

 

Lors des élections de 2019, le PSE avait ainsi désigné Frans Timmermans tandis que le PPE avait choisi Manfred Weber. Pourtant, au cours de la campagne, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, remit en cause ce principe, suivi par Emmanuel Macron qui n’hésita pas à déclarer son hostilité à Manfred Weber.

 

Et à l’issue du Conseil européen du 2 juillet dernier, parmi les quatre noms retenus, aucun des Spitzenkandidaten ne figure ! Les exécutifs nationaux ont ainsi enterré cette belle évolution en proposant Ursula Von Der Leyen, ministre allemande de la Défense, très contestée dans son pays et n’ayant par le passé jamais manifesté une appétence particulière pour exercer cette fonction majeure. Son audition devant les parlementaires européens n’a d’ailleurs aucunement dissipé les doutes la concernant, bien au contraire !

 

En réaction, alors que les députés européens doivent exprimer un vote, il est encore possible de rejeter la candidature d’Ursula Von Der Leyen à la présidence de la Commission. Cela créerait un rapport de force qui aurait valeur de précédent historique. Il s’agirait aussi d’entériner la belle avancée de 2014 qui doit désormais devenir la norme en la matière car elle œuvre à une Europe plus démocratique.

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