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Pour une meilleure prise en charge du bruit par les pouvoirs publics

23 Jan 2020

Plus qu’un simple désagrément, le bruit peut apparaître comme une nuisance de premier plan : il s’avère intrusif, dégrade la qualité de vie ainsi que la santé et attaque directement le droit à vivre dans un environnement sain. Ainsi, selon un sondage IFOP de 2014, plus de huit Français sur dix estiment se préoccuper des nuisances sonores, un chiffre qui témoigne de l'importance quotidienne de cette problématique. Pourtant, la place du bruit dans le débat public s’avère minime. Dans cette note, Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime et ancien Président du Conseil national du Bruit, revient sur ce paradoxe et plaide pour une meilleure prise en charge du bruit par les autorités publiques.

 

En premier lieu, il semble nécessaire d’évaluer efficacement le coût social du bruit pour permettre une action publique plus efficiente. Les nuisances, largement sous-estimées, peuvent avoir des conséquences sur la santé, l’environnement, l’économie et génèrent des coûts supportés par l’ensemble de la société. Une étude d’EY de 2016, commandée par l’ADEME, a ainsi démontré que ce coût social du bruit s’élevait à 57 milliards d’euros par an. Parmi les nuisances générant le plus d’externalités négatives, celles dues aux transports arrivaient en tête devant celles liées au milieu professionnel. Le développement de telles études, à l’échelle locale ou nationale, doit permettre une meilleure prise en charge de cette préoccupation de premier plan.

 

Par ailleurs, l’auteur plaide pour une rénovation acoustique des bâtiments pour réduire au maximum l’effet de ces nuisances du quotidien. Cette politique publique doit aller de concert avec l’ambition de rénovation thermique afin de coordonner les travaux d’isolation dans les bâtiments. Sans cela, il est à craindre un report sur le long terme du traitement des effets négatifs du bruit. Une meilleure promotion des innovations/solutions techniques couplée à un accès facilité aux subventions publiques permettrait également d’obtenir des résultats concrets rapidement. 
 

Enfin, la puissance publique doit s’intéresser à cette question du bruit et le manifester par la mise en place de mesures réglementaires. L’enjeu consiste non à supprimer intégralement toutes les sources de bruit, mais à les répartir et à les réguler pour en éviter les effets négatifs. Car, tout comme l’odeur ou la vue, le son contribue à la construction d’une identité spatiale et est utilisé pour construire la représentation que l’on se fait d’un territoire. 

 

 

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