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Budget 2020 du ministère de l'Intérieur : quand l'exercice de communication ne cache plus la disette

6 Jan 2020

Le 2 octobre 2019 dernier, « la marche de la colère » réunissait 22 000 policiers à l’appel des organisations syndicales représentatives de tous les corps (gradés et gardiens, officiers et commissaires). Remarquable par le nombre de manifestants et son caractère unitaire, ce mouvement social marquait une défiance forte envers le ministre de l’Intérieur et les orientations budgétaires retenues pour 2020. Dans cette tribune, Guillaume Farde, chef du pôle sécurité intérieure de L’Hétairie, décrypte les choix de l’exécutif en matière de sécurité publique et rappelle que, derrière l’exercice de communication, les promesses du Gouvernement ne sont définitivement pas à la hauteur des enjeux.

 

Si le Ministre de l’Intérieur affiche comme preuve de sa bonne volonté le recrutement de 2 000 policiers et gendarmes supplémentaires pour 2020 et un budget en hausse (+1% pour la Police, +3% pour la Gendarmerie), force est de constater que ces chiffres viennent masquer des réalités bien moins satisfaisantes.

  • D’abord, la hausse du budget est inférieure à celle du budget tendancielle (+4% en moyenne), ce qui correspond à une coupe de 3%.

  • Surtout, l’effort budgétaire repose uniquement sur les recrutements. Dès lors, la situation aggrave le ratio entre les dépenses de personnel et les dépenses de fonctionnement/investissement. Concrètement, ce sont des commissariats insalubres qui ne seront pas rénovés et des véhicules hors d’âge qui ne seront pas remplacés.

  • Parallèlement, ces recrutements se font au détriment des Préfectures qui perdent l’an prochain 471 ETP, affaiblissant plus encore une administration déjà exsangue.

  • Enfin, la promesse du candidat Macron d’une de sécurité du quotidien, forte d’effectifs plus nombreux, mieux répartis et mieux formés, semble aujourd’hui laissée en déshérence puisque les hausses de personnels s’orientent d’abord vers le maintien de l’ordre et non plus la sécurité publique

 

Face à l’hypertrophie des dépenses de personnel et à l’injustice des coupes budgétaires dans les dépenses fonctionnement et les investissements, il devient urgent :

  • de marquer une pause dans les recrutements de personnels pour reventiler les crédits libérés vers les équipements ; il en va de la continuité du service public de la sécurité.

  • de mettre un terme à cette gestion par à-coups dont les policiers et gendarmes sont les premières victimes. A cette fin, disposer d’une loi de programmation budgétaire s’avère impératif.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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