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Zones de turbulences entre Paris et Téhéran : quand Air France illustre les errances de la diplomatie

1 Oct 2018

 

 

 

 

            Alors que le dernier avion de la compagnie Air France en direction de Téhéran s'est envolé de Paris le 18 septembre dernier, Sylvain Gaillaud, doctorant en histoire contemporaine (Rennes 2) et spécialiste des relations avec l'Iran, revient sur l'histoire des rapports entre la France et ce pays à l'influence stratégique dans le Moyen-Orient. Il recourt à une jauge originale de ces relations : l'histoire de la ligne aérienne Paris-Téhéran.

            L'auteur rappelle qu'après avoir accueilli à bras ouverts l'ayatollah Khomeini en 1978, la France a vu son influence sur l’Iran décliner notamment en raison de la guerre Iran-Irak, de la « décennie des otages », de la diaspora de l'ancienne bourgeoisie iranienne francophone et de la fermeture des instituts culturels français.

            Après un bref réchauffement dans les années 1990, le rapprochement ne survit pas aux alternances politiques et en particulier aux élections à la présidence de Mahmoud Ahmadinejad en Iran et de Nicolas Sarkozy en France.

            En avril 2016, soixante-dix ans après l'inauguration du premier vol vers l’ancienne Perse, la ligne aérienne directe est à nouveau rétablie et traduit les espoirs de retombées économiques. Malheureusement, l'annonce récente par l'administration Trump du retrait américain de l'accord et du rétablissement de sanctions à l'endroit de l'Iran place la France et les autres pays signataires dans une position de faiblesse et d'incohérence. L'heure est à nouveau au repli et la pression des sanctions extraterritoriales contraint Paris à se soumettre par dépit à la politique de confrontation imposée à l'Iran par Donald Trump.

            Contexte de méfiance, faible emprise de la présidence française sur l'ami américain, vacance du poste d'ambassadeur de France à Téhéran: si l'on veut lui trouver une substance dans la pratique de la politique étrangère, le « en- même-temps » macronien serait bien inspiré de veiller à la pérennité de relations acceptables tant avec les Etats-Unis qu'avec l'Iran.

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